Interview: Louise Vanneste, chorégraphe en résidence à l'IAD

- Shirley Auspert

Louise vanneste

Rencontre avec Louise Vanneste, chorégraphe belge lauréate du FRArt 2021 (Fonds de Recherche en Art) en collaboration avec l'IAD.

A cette occasion, Louise consacre cette année à "PANGÉE, vers les territoires de l’imaginaire et des pratiques hybrides". L'occasion pour elle de travailler avec les étudiants de l'IAD dans le cadre d'une démarche transdisciplinaire.

Louise, qui es-tu, comment te définirais-tu en tant qu'artiste?

Je suis une artiste chorégraphe. Mon travail part toujours du corps mais ne se limite pas à celui-ci. Mes oeuvres sont motivées par un élargissement de la notion de chorégraphie, ce qui m’amène à considérer avec autant d’importance l’environnement, le son, la lumière, les textures, les écrits dans lesquels et par lesquels le corps évolue.

En quoi consiste la "recherche en arts"? Quelle est la place de la recherche dans ta propre démarche artistique?

La recherche commence avec des intuitions, désirs et intérêts qui n’ont aucune forme prédéfinie, au contraire d'un spectacle par exemple.

Débarrassée de la finalité d’une forme, la recherche est exploratoire et permet une errance enrichissante, jalonnée de détours et de pôles d’intérêts qui n’ont rien à voir entre eux a priori mais qui font sens dans ma pensée.

Earths: Pièce pour 4 danseuses / Création 2021. Photo: Stéphane Broc

Artiste, chercheuse, artiste-chercheuse, comment es-tu arrivée à l’IAD et pour y faire quoi?

J’ai eu la chance de rencontrer une partie de l’équipe de l’IAD avec qui j’ai partagé mes projets et mon envie de m’investir artistiquement dans la région d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. L’IAD m’a alors proposé de m’accompagner dans le dépôt d'un projet de recherche du FRArt.

Qu’attends-tu de cette expérience, pour toi comme pour l’IAD?

J’espère profiter au maximum du temps de recherche pour ouvrir de nouveaux champs, de nouveaux territoires à la fois d’expérimentation et de connaissance qui me permettront d’affirmer artistiquement d’autres manières d’envisager le corps en mouvement, peut-être plus éloignés parfois de nos habitudes de spectacle chorégraphique mais qui, sans les renier, permettront des expériences qui démultiplient les perspectives sur l’art chorégraphique et le vivant.

A l’IAD, il y a un certain nombre de disciplines qui m’attirent et j’espère avoir l’occasion d’être en lien avec les processus et pratiques des étudiants à l’occasion de partage de travaux en cours ou d’ateliers plus spécifiques que je propose. Les corps qui manipulent une caméra, qui écrivent ou qui jouent l’acteur, tous m’intéressent.

Quels sont tes projets après cette recherche?

Mon parcours chorégraphique va se poursuivre, enrichi par les pratiques parallèles et les bifurcations autorisées par le temps de recherche.

J’espère aussi pouvoir jeter les bases d’un possible livret chorégraphique qui me permettra de partir dans un projet d’opéra muet où le corps et l’écriture seront les bases d’une narration et d’une mise en scène singulière.